Recruter dans le secteur de la beauté : une difficulté structurelle… et une opportunité stratégique pour les enseignes

Recruter dans le secteur de la beauté est devenu un défi structurel pour les salons de coiffure, instituts et spas. Cet article analyse pourquoi le recrutement est si complexe, comment construire une entreprise réellement attractive et en quoi une expérience client forte, portée par la marque, permet de sécuriser à la fois les équipes et la fidélité des clients. Une lecture stratégique pour les dirigeants qui souhaitent passer d’un salon à une enseigne durable, performante et désirable.

Loucif Lazri

1/4/20263 min read

Le secteur de la beauté fait face à une réalité désormais incontestable :
recruter et fidéliser est devenu difficile, quel que soit la taille de l’enseigne.

Salons de coiffure, instituts esthétiques, spas, nombreux partagent le même constat :

  • pénurie de profils qualifiés

  • turnover élevé

  • difficulté à engager durablement les équipes

Même les leaders du marché, comme Provalliance, premier employeur de coiffeurs en France, reconnaissent que le sujet est profond, structurel et durable.

Mais cette difficulté révèle surtout une chose :
le recrutement dans la beauté ne peut plus être traité comme un simple sujet RH. C’est un enjeu de marque, d’expérience client et de performance long terme.

1. Pourquoi le recrutement est devenu si complexe dans la beauté

1.1 Une entrée dans le métier encore trop souvent subie

Une partie des jeunes arrive dans la coiffure ou l’esthétique par défaut, sans projet clair ni projection professionnelle.

Conséquences :

  • faible engagement initial

  • abandon rapide du métier

  • difficulté à se projeter dans une carrière

Ce phénomène fragilise toute la chaîne, des écoles jusqu’aux salons.

1.2 Un métier riche… mais mal raconté

Le secteur souffre encore d’une image réductrice :

  • métier physique

  • horaires contraignants

  • peu d’évolution

Pourtant, la réalité est tout autre : technique, management, formation, entrepreneuriat, création artistique, international… Le problème n’est pas le métier, mais le manque de récit structuré autour de ses opportunités.

1.3 Une concurrence accrue entre employeurs

Dans de nombreuses zones :

  • les enseignes se disputent les mêmes profils

  • les collaborateurs comparent davantage

  • la fidélité employeur se fragilise

Sans différenciation claire, les salons deviennent interchangeables.

2. Le véritable enjeu : construire une entreprise attractive, pas seulement recruter

Aujourd’hui, recruter ne consiste plus à “combler un planning”. Il s’agit de proposer une expérience globale au collaborateur.

2.1 Donner une vision de carrière, pas seulement un poste

Les profils recherchent :

  • une trajectoire

  • une progression

  • un sens

Dans une enseigne structurée, les perspectives sont nombreuses :

  • expert technique

  • manager

  • responsable multi-salons

  • formateur

  • coordinateur terrain

  • franchisé

  • univers artistique (mode, média, studio)

Les entreprises qui attirent sont celles qui montrent un chemin clair, pas uniquement une fiche de poste.

2.2 Le CDI comme socle de confiance et d’engagement

Dans la beauté, le CDI n’est pas une rigidité, c’est un signal fort :

  • sécurité

  • reconnaissance

  • engagement réciproque

Cette stabilité crée une zone de confort psychologique, indispensable pour :

  • progresser techniquement

  • s’inscrire dans la culture de l’enseigne

  • représenter la marque avec constance

Une équipe sécurisée est plus engagée, plus performante et plus fidèle.

2.3 Améliorer concrètement les conditions de travail

Les enseignes attractives travaillent sur :

  • l’organisation du temps

  • l’équilibre vie pro / vie perso

  • la prévention des troubles physiques

  • la formation continue

  • la qualité du management de proximité

Ce sont souvent des ajustements progressifs, mais ils font la différence dans la durée.

3. Expérience client : quand la marque devient le point d’ancrage

Contrairement à une idée reçue, la fidélité client ne repose pas uniquement sur un individu.

3.1 Les clients sont fidèles à une expérience avant d’être fidèles à une personne

Lorsqu’une enseigne parvient à :

  • structurer son accueil

  • harmoniser ses standards

  • transmettre une culture commune

  • délivrer une qualité constante

le client ne vient plus “voir quelqu’un”, il vient vivre une expérience reconnaissable et rassurante. L’enseigne devient le repère principal.

3.2 Désindividualiser l’expérience sans la déshumaniser

Le rôle d’une enseigne n’est pas d’effacer les personnalités, mais de :

  • cadrer l’expérience

  • transmettre un savoir-faire commun

  • garantir un niveau de service homogène

Dans ce modèle :

  • le collaborateur est un ambassadeur

  • la marque est le socle de confiance

Cela permet d’absorber les mouvements d’équipe sans rupture brutale pour le client.

3.3 Expérience collaborateur et expérience client sont indissociables

Une expérience client forte repose toujours sur une expérience collaborateur solide.

Un salarié :

  • formé

  • sécurisé (CDI)

  • reconnu

  • intégré dans un collectif

    -> Délivre une expérience plus juste, plus constante et plus incarnée.

C’est là que se crée le cercle vertueux : marque forte → équipes engagées → expérience client mémorable → fidélité durable

4. Recruter mieux pour performer durablement

La difficulté de recruter dans la beauté n’est pas une fatalité.
Elle impose simplement un changement de posture.

Passer de :

  • “comment trouver quelqu’un rapidement”
    à

  • “comment construire une entreprise où l’on a envie de rester”

Les enseignes qui réussiront demain sont celles qui :

  • investissent dans la stabilité

  • structurent l’expérience client

  • donnent une vision aux équipes

  • transforment leurs collaborateurs en ambassadeurs

Conclusion : dans la beauté, l’enseigne précède le recrutement

Recruter dans le secteur de la beauté n’est ni un sujet isolé, ni un problème conjoncturel. C’est un levier stratégique majeur.

  • Une entreprise attractive attire de meilleurs talents.

  • Des équipes engagées délivrent une meilleure expérience.

  • Une expérience forte fidélise les clients et sécurise le chiffre d’affaires.

Dans la beauté plus qu’ailleurs, ce ne sont pas les individus qui font la marque.
C’est la marque qui donne du sens, du cadre et de la valeur aux individus.